Les vivants et les ombres de Diane Meur


En 1820, Jozef Zemka devient l’intendant du domaine qui appartenait autrefois à sa famille. Bien décidé à récupérer la terre de ses ancêtres, il parvient à ses fins en séduisant et en épousant la jeune fille de la maison, la douce et naïve Clara. De cette union naîtront cinq filles, au grand dam de Jozef qui souhaitait un héritier. Cette histoire de passe en Galicie, une terre polonaise désormais sous domination autrichienne, et le plus curieux c’est que le narrateur en est une vaste demeure qui raconte la vie de ses habitants sur plus d’un demi-siècle.
Ce pavé de 700 pages demande un peu de temps et de concentration. Il y a d’abord un contexte politique et historique assez complexe, mais aussi un style très riche. On sent l'ambiguïté de l'atmosphère et du lieu (cette demeure où se déroule presque tout le roman), à la fois cocon protégé du fracas du monde et huis clos étouffant. L’idée de confier la narration à la maison peut paraitre saugrenue mais cela se fait de manière très naturelle et apporte finalement une vraie profondeur à l’histoire. Elle nous guide dans le labyrinthe des sentiments humains, s'attarde surtout sur les femmes qui habitent en son sein, Clara, ses cinq filles, puis sa petite fille Tessa. Promises à une même vie terne et étriquée, elles auront toutes un destin très différent et échapperont à l’influence du patriarche Jozef grâce à la passion, la religion, la fuite ou même la mort. Il y a bien quelques longueurs ici et là, mais Les vivants et les ombres est vraiment une belle fresque familiale.

A lire quand vous aurez le temps...Disponible à la Médiathèque.

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